Khadjidia

Adam

Sirandou

J’ai déjà parlé avec des roms mais jamais dans leurs lieux de vie. Je me souviens d’un groupe d’enfant qui était venu avec leur animateur au centre social. C’était des enfants comme moi, je ne connaissais pas du tout leurs conditions de vie. Sinon c’est la première fois que je viens parler avec eux depuis, sans qu’ils viennent me demander quelque chose. De les voir comme ça, ça fait de la peine. Ils vivent dehors, il y a des familles, il y a des enfants, il y a pas d’hygiène, et ce n’est pas leur faute. Ils dorment dans des voitures ou dans des tentes. C’est compliqué.

Lui c’est Oth, il est super sympa. C’est vraiment trop bizarre car on a le même âge mais pas du tout la même vie, alors qu’on habite pas si loin. Il m’a montré son médaillon auquel il tenait beaucoup. Il y avait la tête de la reine d’Angleterre dessus.

Et la ville ne fait rien pour changer ça. À chaque problème existe une solution. Si ils avait eu une volonté de les aider, ils auraient pu faire quelque chose. Je sais qu’on ne pourra jamais aider tout le monde, mais on peut essayer d’en aider certains. Ce qui me scandalise c’est qu’ils sont exclus de la société. On leur met une étiquette de voleur qui revient très souvent. Il y a d’autres communautés sur terre qui se font persécuter, comme les musulmans en Birmanie par exemple. Ça concerne des convictions personnelles, des croyances. Ici, les roms sont persécutés sans réelles raisons. Ils sont persécutés pour ce qu’ils sont dès leur naissance.

On devrait plus s’intéresser à eux, à leur culture. Les aider à trouver un toit ou dormir, avec une cuisine et de l’équipement. De quoi vivre. J’ai participé à un projet humanitaire avec le SMJ, dans un ancien bâtiment de la sécurité sociale transformé en centre d’hébergement d’urgence qui n’accueille que des femmes et leurs enfants. Elles sont dans des situations très compliquées et sont de toutes les origines : des françaises, des mauritaniennes, des maliennes, des haïtiennes…
Il y a un dortoir, des douches collectives et une cuisine. Un centre comme ça pour les roms ça serait bien.

Les gens qui vivent dans la rue, ça pourrait être tout le monde. Il peut y avoir des personnes âgées comme des enfants, comme des jeunes ou des adultes, et de toutes origines. Ça m’est déjà arrivé d’imaginer la vie de ces gens. Quand je faisait des maraudes j’avais vu une dame qui venait chercher à manger. Elle ne me connaissait même pas mais elle m’a dit : « j’ai tout perdu du jour au lendemain et maintenant je suis là ». Avant elle ne devait pas vivre comme ça. Rien est acquis dans la vie, même pour les plus riches. Il peut y avoir des enchaînements de problèmes, que ce soit dans le couple, au travail, ou avec des dettes.

C’est choquant. Il y'a des SDF même aux champs Elysées. Tu es là où il y a le luxe, là où tout le monde a de l’argent dans les poches. Personnes ne prends la peine de les regarder et de leur donner un peu d’argent. Voir des pauvres comme ça au milieu des riches c’est révoltant. On a l’impression en plus que ça ne les dérange pas plus que ça.

On dirait une scène sortie d’un film. Le couple qui dépense ses sous à Louis Vuitton, normal. Ça se voit qu’elle a de l’argent à sa manière de s’habiller. Petit foulard en soie, boucles d’oreilles, attitude… C’est un tout, on dirait une femme de pouvoir. Le mari est à côté et contrôle son porte monnaie, il vérifie les dépenses.

C’est fou de voir des escaliers en cristal dans un magasin. C’est la première fois que j’en vois dans une boutique, et même en dehors, je n’en avais jamais vu. J’ai été très bien reçue, la vendeuse était contente de m’accueillir même si je n’allais rien acheter ! Je ne sais pas si elle s’en doutait, mais elle était normale avec moi. Il y avait des bijoux, des montres et même des stylos, des coques de portables, des figurines Disney. Quand tu vois les prix tu te dit que ce n’est pas normal. Une des figurines coûtait 11 900 €. Personnellement je trouve que c’est trop. Même si je suis la fille la plus riche du monde je ne les dépenserais pas pour ça. Le stylo coute 67€. À Auchan tu en as 10 pour 3€.

Auchan, c’est à 10mn de chez moi en bus. J’y vais principalement pour acheter de la nourriture, mais j’y prends aussi mes fournitures scolaires ou des accessoires. En faisant des recherches sur internet, j’ai découvert que le groupe Auchan est l’une des plus grande fortune de France. Son propriétaire, Gérard Mulliez, a commencé son empire en 1961 avec son premier magasin de 600m2 à Roubaix, avec le concept « tout sous le même toit ». Puis il a racheté progressivement quasiment toutes les autres marques françaises et a même fondé une banque. Il s’est engrosse à chaque rachat, accumule de plus en plus de l’argent et ouvre tout le temps de nouveaux espaces. On dirait que la course aux richesses ça le distrait. Les riches font tout pour avoir de plus en plus de pouvoir et d’argent, sans que nous soyons au courant. Je ne savais pas que toutes ces marques appartenaient à la même personne !

Les riches ne savent pas quoi faire de leur argent. Ils aiment bien acheter des choses pour montrer aux autres qu’ils ont de l’argent.Et après ils se font la course dans les classements des plus grandes fortunes. Ils ne sont pas beaucoup mais ils détiennent tout. Mais le monde change, aujourd'hui tu peux tout découvrir sur internet. C’est bien car tu peux avoir conscience de tout ça, mais c’est nul car justement tu te rends compte que tu n’as rien et qu’ils ont tout.

Le Lido c’est décoré comme si c’était v’là le truc. Il y a des gens qui viennent de partout pour y voir des revues avec des femmes qui dansent nues avec des plumes. L’entrée coûte 300 € avec une coupe de champagne. Je ne sais pas si ils vont plus pour le spectacle ou pour voir les femmes. Je pense malgré tout qu’il y a beaucoup de femmes qui y vont aussi. L’accueil fait très « bling bling ». Les touristes y viennent car ça représente bien l’image de Paris, celle du luxe.

Pour moi, Paris ce n’est pas ça. Pour moi Paris c’est basic. Il y a des monuments et c’est tout. J’y vais rarement car quitte à passer le temps, autant aller dans les centres commerciaux près de chez moi. Quand j’y vais, c’est dans d’autres quartiers. Pour accompagner des copines acheter des mèches dans des magasins africains ou pour réparer des téléphones à Barbès, car ça coûte moins cher. Les touristes ne se disent pas je vais aller visiter Barbès, ils vont aller directement aux champs Elysées.

C’est une Ferrari ou une Porsche je crois en location. Ça marche bien car c’est toujours plaisant de conduire une voiture de luxe. Le gens qui viennent de la cité adorent les voitures de luxe. Ça change de la Clio, le moteur et l’esthétique c’est autre chose. Souvent il les louent pour les mariages. Je sais que si c’était moi, je ferais d’autres dépenses avant. Mais je serais pas contre qu’on m’offre un tour pour mon anniversaire.

Oumar Sissoko, gardien de but de la sélection nationale du Mali et du club US Orléans. Les footballeurs gagnent énormément d’argent alors que pour moi, ils ne font rien d’extraordinaire. Il y a des personnes qui se cassent le dos au quotidien, qui charbonnent beaucoup et pourtant ils n’ont qu’un petit salaire. Je trouve ça injuste que les footballeurs soient payés autant. Il y a beaucoup de personnes qui rêvent de devoir footballeur. C’est une vraie passion. La majorité des garçons jouent au foot, et même les filles s’y mettent maintenant. Au fond d’eux ils espèrent tous percer tout en sachant qu’il n’y en a que quelques uns qui pourront « signer ». Les chances sont trop faibles. C’est triste de ce dire que certains y rêverons toute leur vie sans y arriver, et ce ne sera pas parce qu'ils sont mauvais en plus. Il y a pas beaucoup de place.

Foyer pour hommes des Grands Pêchers. Au foyer, je ne veux plus y aller. Ils sont trop chaleureux et après, ils ne veulent plus te laisser partir. Ils veulent discuter avec toi mais moi j’ai la flemme. Mon frère vit dans un foyer. Une fois, j’ai accompagné une copine qui allait voir son cousin et son oncle. Ils ont insisté pendant une heure pour qu’on reste. Ils te bloquent trop je ne veux plus y aller. Souvent il n’y a que des africains c’est dommage qu’ils ne mélangent pas plus les foyer. J’aime bien les mélange. Si il y avait des arabes, des roms, des italiens… rien qu’au niveau de la nourriture, ça serait plus diversifié. Même au niveau des langues et de la musique, ça serait une culture plus partagée.

La France est tissu d’immigration, place de la Nation. C’est bien, c’est une richesse le partage.

Samedi 14h.

Nous arrivons au compte-goutte. Les discussions commencent, l’assiette de petits gâteaux circule et le jus de fruit rafraichît. Il fait très chaud. Nous préparons la sortie du 3e numéro de Chatodozine, celui-là même que vous tenez dans les mains. Voilà, ça y est, c’est le dernier numéro de cette saison, fait avec cette fine équipe que nous sommes, improbable petite communauté réunie pendant un an pour réaliser ce journal numérique et papier. Nous découvrons tour à tour les enquêtes menées par chacun et chacune. Les applaudissements fusent, c’est devenu notre petit rituel.

Pour ce numéro, nous interrogeons l’angle par lequel nous nous relions au monde. Par monde, c’est l’autre que soi qui trouve un visage, le riche confiné dans ses ghettos, celui qui dort dans la rue et que l’on ignore. À travers ces visages, une société prend corps, pétrie de règles et de normes qui nous conditionne ou nous étouffe. Elle crée désir et rejet. Notre colère face à tant d’inégalités cohabite avec le rêve véhiculé par la beauté des supers héros, rendus puissants par leur argent. Le monde, c’est aussi l’autre que l’on sent en soi-même qui nous parle d’un ailleurs intime et inconnu à la fois. Celui dont nous portons le nom, la couleur de peau, les souvenirs épars et qui nous empêche de nous couler dans le moule rassurant des certitudes. Célébrer la complexité est une façon de recréer de la singularité là où généralité et banalité menacent.

Bravo à ce journal qui nous a fait débattre et nous rencontrer. Merci à vous de nous avoir suivi dans cette aventure ! À suivre, Chatodozine reviendra, son identité est ouverte, protéiforme, si vous voulez vous joindre à nous d’une quelconque façon, n’hésitez pas, contactez-nous !

Riad
et Ruby

Oumar

Le problème du mal logement me préoccupe. Je suis triste quand je vois quelqu'un dans la rue. Quand tu n'as pas de logement, tu ne peux rien faire, pas trouver de travail, quand tu es mal-logé, c'est difficile de faire des études, de se concentrer, de réviser.

Founé

Ibrahim

Yacine

Je me sens concerné par les inégalités de richesses. J'ai lu un livre de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot « Pourquoi les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ». Cette lecture m'a passionné.
Je me suis promené dans les quartiers des super-riches, villa Montmorency et avenue Montaigne. […]
« La terrasse montaigne », sandwich tradition au poulet :  40 euros, volaille, bacon, tomates, romaine, oeuf, mayonnaise et chips… chips maison.

L'ANGLETERRE, par Ruby-Pearl Barrault

L'Angleterre m'est familière. Au sens étymologique du terme. Ma mère est née à Newcastle. Tante, oncle et cousins ne parlent pas un mot de français. Être ne serait-ce qu'un tout petit peu british fût pour moi une grande fierté. A mes yeux, ça me rendait spéciale. Aux yeux de la loi pourtant je suis française. L'Angleterre m'a légué un teint diaphane, des yeux bleus, des cheveux blonds, un taux de mélanine proche de zéro. Et un prénom.

Je me souviens de ma première dent perdue chez Margaret, ma grand mère, en Angleterre. 
Je me souviens du kinder bueno que j'ai acheté avec les quelques livres que la petite souris m’avait glissées sous l’oreiller.
Je me souviens avoir croisé James de l’émission Geordie Shore à l’aéroport de Londres.
Je me souviens du petit carlin que j’ai caresser à Camden Town profitant que sa maitresse avait le dos tourné.
Je me souviens des frites au vinaigre. 
Je me souviens du christmas pudding flambé. 
Je me souviens de l’exposition de Yoko Ono à Newcastle.
Je me souviens du mystère que représentait pour moi le physique de mes cousins après avoir passé des années sans les voir.
Je me souviens de Londres désert à 7h du matin. 
Je me souviens des bus à l’anglaise.
Je me souviens du temps d’adaptation de mon père à la conduite à droite. 
Je me souviens des virées au supermarché pour trouver des produits introuvables en France. 
Je me souviens des batailles de polystyrène avec mes cousins. 
Je me souviens avoir mangé au restaurant indien avec Riyad à King Cross. 
Je me souviens des 4h de ferry.
Je me souviens de la fois où ma mère avait réservé le retour en avion pour le 27 janvier au lieu du 27 décembre. 
Je me souviens du diplôme que j’ai reçu après être arrivé en haut du phare, ma grand mère n’avait pas pu l’atteindre.
Je me souviens de mon cousin corrigeant mon anglais.
Je me souviens de la douleur que m’infligeaient mes pieds après une journée entière à visiter Londres. 
Je me souviens des pubs bruyants et chaleureux.
Je me souviens du full english breakfast de Riyad face à mon porridge. 
Je me souviens des voitures placées minutieusement dans le ferry.
Je me souviens que mon cousin voulait se faire tatouer des yeux sur ses paupières pour pouvoir avoir sans cesse les yeux ouverts.
Je me souviens du poker auquel on jouait très sérieusement avec des billets de Monopoly.
Je me souviens des rires devant la télé en famille.
Je me souviens des voisins qui avaient déposé des cookies et un verre de lait devant leur porte pour noël.
Je me souviens des mac and cheese ou le cheese était bien plus conséquent que les macs.

L'ALGÉRIE, par Riyad Hadji

Je connais l’Algérie par ses écrivains, ses poètes, ses révolutions, ses hommes politiques, son architecture, ses campagnes, ses villes, son histoire. Je ne suis pas Algérien tout en l’étant indirectement. Je suis de nationalité franco-algérienne, mais qu’est ce que la nationalité ?
Je ne parle pas algérien, je n’écris pas l'arabe, je n’y vis pas, suis-je légitime à cette nationalité ? Est ce que je la rejette ? Non, elle fait partie de moi. Mon identité est modulable, mon identité ne se cache pas derrière un drapeau ou une religion, mon identité ne sera jamais définie par une carte plastifiée. Mon histoire avec L’Algérie commence quand j'ai 8 ans. Jusqu’ici je n’y suis pas retourné. C’est de là-bas que me vient mon teint, mes traditions familiales, mon nom de famille ainsi que mon prénom.

Je me souviens d’une chèvre au bord de l’autoroute qui mangeait du carton.
Je me souviens de la première fois que j’ai mangé des cuisses de grenouille, c'était bizarre.
Je me souviens de mon premier Selecto frais.
Je me souviens des chats handicapés, éborgnés ou avec des pattes en moins
Je me souviens des chiens érrants.
Je me souviens des nuits à la belle étoile.
Je me souviens de l’appel à la prière qui me réveillait très tôt le matin.
Je me souviens de mon cousin en djellaba avec juste son passeport dans sa poche.
Je me souviens de la mer sale pleine de sacs en plastic. 
Je me souviens des barbies voilées dans les marchés.
Je me souviens des balades magnifiques dans les montagnes.
Je me souviens de la casbah et de ses escaliers interminables.
Je me souviens du port d’Alger.
Je me souviens d’Alger la blanche.
Je me souviens du village de mon père : Bouhlou.
Je me souviens de certains trottoirs pavés.
Je me souviens du manque de poubelles dans les rues.
Je me souviens d’un vol à effraction durant la nuit chez nous.
Je me souviens du cybercafé du village.
Je me souviens les crânes d’animaux dans les montagnes.
Je me souviens du sirocco.
Je me souviens des ruines de Tipaza.
Je me souviens d’un voyage de sept heures dans une Laguna sans clim immatriculée en Algérie.
Je me souviens de mon père excédé qui a créé une 4ème file sur l’autoroute.
Je me souviens de mes blessures à la cueillette de la grenade.
Je me souviens des mauvaises pubs sur canal Algérie.
Je me souviens d’un manoir hanté au bord de l’autoroute où selon la légende les gens viennent pour se suicider.
Je me souviens des moustiques.
Je me souviens des vignes et des raisins sucrés.
Je me souviens avoir regardé les tortues Ninja en arabe, je ne comprenais rien.
Je me souviens de Makam el Chahid dont je pensais à l’époque qu'elle était la Tour Eiffel algérienne.
Je me souviens avoir vu l’actrice Biyouna en plein tournage, je ne savais pas qui elle était à l’époque.
Je me souviens de la grande poste d’Alger.
Je me souviens de la villa à 4 étages de ma tante et de ma question : « T’habite à quel étages ? »

Je me suis toujours dit qu'il y avait une part de féminisme en moi. Il y a des choses qui m'ont toujours énervé.

On offre aux petites filles des dînettes et des poupées dont elles doivent s’occuper, du maquillage aussi. Aux garçons, on offre des jeux de construction et des figurines de super-héros. Ceci aurait pour but de stimuler leur imagination, leur créativité et leur

Comme Fanta, je pourrais passer de longs instants à me regarder. Par l'entremise du miroir, je me dédouble. Je me fais mon procès, je me pose énormément de questions, je fais le vide. Tout et rien passent dans ma tête. J'essaye d'accéder à ce qu'il y a de profond de moi. Je me demande si ma nièce a ces mêmes interrogations, ces préoccupations, ces peurs et si elle y accorde de l’importance.

Depuis que je suis petite, j'ai constaté une chose : l'égalité entre les filles et les garçons, les hommes et les femmes n'existe pas. Il y a des choses qui m'ont toujours énervé. Comme une assiette et ce qu'elle symbolise. Une simple assiette que je devais débarrasser et laver à la place de mon frère par exemple. Cela cristallise toute ma frustration et ma colère. Et qu'on ne vienne pas me parler de culture, puisque ces aspects sont répandus dans beaucoup de sociétés, occidentales également.

C'est en faisant mon TPE sur Simone de Beauvoir, en première que je me suis rendue compte que j'avais vraiment des idées arrêtées sur le féminisme. Au début, j'ai détesté faire ce devoir, tant j'étais choquée par son mode de vie. J'étais énormément dans le jugement. Comme le TPE dure un an, j'ai fait beaucoup de recherches, j'ai lu ses livres et j'ai compris l'importance du féminisme. Simone de Beauvoir est né en 1908, c'est-à-dire 90 ans avant moi. Et, face à des mentalités encore plus figées que maintenant, ses idées étaient plus modernes que les miennes. Simone a apporté la première pierre à l'édifice de ma conscience féministe grandissante.

Les femmes sont les seules victimes de la misogynie et du sexisme. Pourtant, ce sont les premières à les perpétuer. Elles sont tellement contraintes par certaines habitudes qu'elles ont le réflexe de le répéter plus tard avec leurs filles. Elles font de leurs fils des princes, de leurs filles les servantes de ces derniers. Bien plus que les hommes, les femmes conditionnent leurs filles. Elles ne cessent de les surveiller, juger, jauger, de les mettre en compétition avec d'autres filles. Il n'y a pas de solidarité, pas de sororité.

Peut-être que mon rêve d'avoir un travail qui nécessite déplacements est en réaction à ma situation présente.
J'étouffe ici.

Mon amie m'a toujours dit qu'elle ne voulait pas de mariage, ni d'enfants. Je pensais que ces idées aller lui passer. Aujourd'hui elle tient toujours le même discours. Avant je la "jugeait", maintenant je la comprend et respecte ce choix qui n'est pas mien. J'ai toujours trouvé qu'elle avait un côté rebelle, pas très conformiste. Nous nous sommes presque toutes les deux ouvertes au féminisme en même temps. Allant assister à des conférences et se partageant des articles. Claude, comme j'aime l’appeler, est devenue mon compagnon de féminisme.

On nous parle beaucoup d'harcèlements de rue ces derniers temps. La seule raison : les agresseurs sont des migrants. Pourtant, que ce soit à la Chapelle, dans les transports en commun ou dans les quartiers riches, l'harcèlement de rue est un phénomène récurrent depuis longtemps. Pour évoquer cet harcèlement, j'ai tenu à prendre une photo d'une rame vide de RER. C’est plus éloquent, plus fort.

En fait dans ma tête je me disais, dans le monde il y a des choses plus graves que le fait de militer pour porter des jupes courtes. Je me disais que dans certains pays, les femmes ne peuvent même pas voter, elles se font tuer.... Je me disais donc que le féminisme occidental n'était pas important. Je me suis rendue compte que pourtant c'était important aussi. Que ce n'est pas parce que les gens souffrent dans le monde que l'on doit mettre de côté ses revendications.

C'est plus sur les réseaux sociaux que je me suis informé sur le féminisme. Je suis tombée en plein dedans car j'ai rencontré une fille à ma fac qui a créé un blog. Elle s'appelle Alohatallulah. C'est une afroféministe. L'afroféminisme c'est la lutte contre les discriminations liées aussi bien au genre, qu’à la classe, la religion ou à la race. L'afroféminisme est a l'intersection de différents combats . Le féminisme intersectionnel est nécessaire, puisqu'il donne la parole à des femmes que le féminisme "traditionnel" à tendance à oublier, voire à mépriser. Alohatallulah a choisi l'anonymat. Beaucoup de féministes sur Internet font ce choix. L'anonymat est une protection, contre ceux qui voudraient qu'elles ne militent pas, n'élèvent pas leurs voix. Elles pourraient être insultées, moquées, voire même potentiellement tabassées.

La SNCF se félicite pour le "faible" écart salarial entre les hommes et les femmes dans leur société. Je trouve ça très drôle. Pourquoi s'en féliciter alors qu'on pourrait en vrai, faire disparaître cet écart ? Les Français adorent se dresser en donneur de leçons aux autres pays du monde. On devrait commencer par nous, chez nous.

Ma cousine est née en France. Elle a habité chez moi avec sa mère lorsque nous étions bébés. Elles deux sont parties peu de temps après au Mali. Ma cousine y a vécu pendant à peu près 12 ans, avant de revenir ici, dans son pays natal. Elle m'avoue avec humour que sa vie aurait été totalement différente si elle n'était pas revenue en France. Elle rigole du fait qu'elle aurait été plus mature, peut-être déjà mariée. Elle est en France depuis 6 ans et elle m'en apprend toujours plus sur notre pays d'origine. Elle ne cesse de me défaire des clichés que je peux avoir sur ce dernier, à travers différentes anecdotes et histoires de sa vie.

Je connais Mimi depuis qu'elle est bébé. Un jour, elle se demandait quand est-ce qu'elle allait "devenir blanche". Je ne savais pas quoi lui répondre. J'avais honte de ne pas savoir quoi faire face à cette situation. Pourtant, je connais son mal-être. Je l'ai observé chez d'autres filles, il était présent en moi jusqu'à il n'y a pas longtemps. Il faut apprendre aux petites filles noires à s'aimer.

Je ne vois pas quel mal il y a à leur redonner confiance, surtout quand elles sont victimes de moqueries, même de la part de leurs familles. Mais je trouve ça nécessaire, puisqu'après ce processus, on est mieux avec soi, donc forcément mieux avec les autres.

Il y a des normes partout sur terre. Mais moi je la vis en France, car c'est ici que j'habite. Il y a des normes à travers la façon de s'habiller ou de se coiffer, mais aussi avec la couleur de la peau ou le choix de sa religion, véhiculés surtout par les marques et les médias.

On peut s'habiller comme on veut, mais en même temps on ne peut pas. Si tu fais ce que tu veux, ça va mal de te regarder.
Un jour j'avais mis un pantalon avec plein d'écussons thermocollants, et les gens ne sont pas habitués à voir des choses comme ça. Ils sont habités à voir des vêtements unis, à la grande limite un jean déchiré au niveau des genoux, et même ça c'est ressent. Les gens ne vont jamais te dire il a quoi ton pantalon. Tu vois quand les gens passent devant toi dans le couloir et qu'ils regardent en bas, tu sais qu'ils ne regardent que ton pantalon. Normalement si tu le regardes c'est que tu veux savoir où je l'ai acheté mais dans leurs tête il se disent : "Wesh elle est sérieuse elle pourquoi elle met des pantalons comme ça!?". Je dis ça mais ça m'arrive souvent de le faire aussi.

Comme quand j'avais rasé ma tête, j'étais au collège, en 4ème je crois. Je ne supportais plus la matière de mes cheveux. Ils n'avaient pas la même taille partout, longs en haut et courts en bas. Ça faisait un moment que je voulais les couper. En fait, je voulais et je ne voulais pas en vrai. Ma mère ne voulait pas que je les coupe et j'avais vu des vidéos qui expliquaient que ça leurs feraient du bien. Je m'étais dit que j'allais sagement attendre. Un jour, je me suis lavée les cheveux et ils sont devenus très secs. Je les ai attachés puis en rentrant de l'école, j'ai craqué, j'ai coupé la couette. En enlevant mon chouchou, je me suis rendue compte des dégâts : ils étaient encore plus de toutes les tailles. Ma sœur a tenté d'égaliser, ça s'est empiré. Ma mère est rentrée et elle était plus désolée pour moi qu'énervée. Du coup j'ai tout rasé. Au début, les gens du collège se demandaient pourquoi, ils étaient choqués et me faisait des réflexions. C'était supportable mais bon... Il y a plein de stars américaines qui se font la boule à zéro et c'est trop beau.

Quand je cherchais un stage je me suis aussi sentie différente : j'ai galéré. Je sais qu'il y a beaucoup de gens qui en cherchent, mais je me suis dit qui si je n'avais pas été voilée, ça aurait peut-être été plus simple. J'ai essayé partout. Dans les magasins, les crèches et les centres de loisirs, les commerces, bref partout. L'ironie du sort c'est qu'il n'y a qu'un endroit qui m'a accepté : le coiffeur de la mairie de Montreuil. Je ne suis pas encore dans ma vie professionnelle, mais je sais déjà que ça va me bloquer. Je suis noire et voilée, c'est le duo perdant. Ça sera dur mais je suis déjà au courant.

Quand j'étais toute petite je voulais être caissière. Je ne savais pas ce que ça valait. Pour moi, c'était trop bien. Tu peux faire passer les articles et voir les courses des gens, et puis surtout tu touches de l'argent ! Après j'ai longtemps voulu être maîtresse, car j'ai trop kiffé ma primaire. Mais au collège, ça m'a passé. J'ai voulu être hôtesse de l'air pour pouvoir voyager, mais ma mère a dit non. Puis avocate, comme dans les séries TV, et ma mère a encore dit non. Elle ne voulait pas que je mente pour défendre des criminels. J'ai aussi voulu être pilote d'avion, mais ça pour le coup, je sais que c'est un rêve inatteignable : je n'ai jamais vu de pilote femme.

La norme c'est aussi la marque. Si tu n'as pas des baskets de marque, tu es ficha pour toute ta vie au lycée. Quand tu n'as pas d'argent, au minimum tu t'achètes des contrefaçons chez les chinois. Il y a une boutique pas loin à Val de Fontenay. Mais il ne faut vraiment pas se faire griller sinon c'est pire.

La mode c'est une norme. Après, tout le monde s'habille pareil dans la rue.

J'ai l'impression que la norme, c'est surtout les gens qui sortent du bureau, les hommes et femmes d'affaires, avec des tailleurs et des costards cravates identiques.
Je ne les vois qu'à la télé ou dans les films. À Montreuil il n'y en a pas. Pour les voir, il faut aller dans les beaux quartiers sur Paris.

Et puis il y a ceux qui osent. Aux Halles de Châtelet, il y a pleins de styles très différents qui cohabitent.

Le comité de rédaction

Bienvenue sur Chatodozine !

Présentation

Un fanzine en dialogue avec un web documentaire

Chatodozine est né dans les coulisses d’une autre œuvre que nous étions en train d’écrire : un web documentaire sur la transformation radicale d’un quartier inscrit dans un vaste programme de rénovation urbaine, le quartier Bel Air - Grands-Pêchers à Montreuil (93).

Dans ce web documentaire, nous interrogeons le sens donné à la « participation » des habitants, alors que cette dernière s’affiche partout comme une nécessité de la politique de renouvellement urbain. Cette question nous est par ailleurs particulièrement intime puisque nous nous installons dans ce quartier en 2011 et devenons ainsi nous-mêmes « des habitants invités à participer ».

Notre point de départ a été de nous infiltrer dans les étapes de cette transformation avec la mise en scène de performances d’artistes sur des terrains laissés vacants après une destruction et avant leur reconstruction. Ces interventions filmées sont le fil rouge à partir duquel nous composons notre récit documentaire. Notre tournage a duré 4 ans, de 2012 à 2016.

La spécificité de la narration sur internet suscite de nombreuses questions et notamment à l’endroit de l’interactivité qui sous-entend que le spectateur-internaute peut participer à l’œuvre elle-même. Nous avons eu envie d’éviter de faire de cette participation une simple accumulation de commentaires. Nous voulions un espace singulier, réfléchi avec la même exigence que notre recherche. Un espace à même de faire entendre d’autres voix que la nôtre et de créer une aventure collective et polyphonique. Un espace vivant, capable de créer de nouvelles rencontres et d’agir dans le monde réel.

C’est devenu Chatodozine.

CHATODOZINE de 2016 à 2017

Chatodozine est un autre espace d’expression qui vient infiltrer notre premier récit sur la ville.

C’est un journal écrit par des jeunes de Montreuil, âgés de 16 à 20 ans. Avec le dessin, la photographie, la vidéo et le son, les auteurs livrent des récits intimes sur ce qui, dans leur quotidien, les brûlent, les révoltent ou au contraire les inspirent dans leur vie. Des artistes les accompagnent tout au long de leur processus d’écriture.

D’octobre 2016 à juillet 2017, c’est 5 artistes accompagnés d’un développeur web et 9 jeunes de Montreuil âgés de 16 à 20 ans qui se réunissent en ateliers de création pour composer cet objet-journal voué à exister d’abord sur internet.

Trois tirages papier seront publiés pendant l’année 2017. Pensés comme des « tirés-à-part » de Chatodozine, ils sont la manifestation sous la forme d’un objet matériel diffusé dans le monde réel de l’existence numérique du journal et du webdocumentaire (actuellement en post production).

Après ces 3 numéros, Chatodozine continue… patience !

L'équipe

Les porteurs de chatodozine :

Abdelatif Belhaj

Diplomé d’Arts du Spectacle à l’Université de Caen, Abdelatif est d’abord comédien puis danseur avant de se passionner pour l’art vidéo et la création documentaire. Après avoir réalisé des vidéos d’art en projection et installation, il devient monteur dans le champ des films documentaires de création. Il co-fonde avec Roselyne Burger l’Association Plexus, avec laquelle il produit son premier film documentaire « La pêche et l’olive » (2017) et mène en parallèle de nombreux ateliers artistiques en France et à l’étranger avec tout type de publics. Il anime le « Ciné Bel Air » un ciné-club dédié au documentaire de création et accueilli depuis 2 ans dans la Maison du Grand Air à Montreuil. Il réalise aussi le web-doc « Château d’eau » et crée le projet « Chatodozine » dont il assure la coordination générale.

Roselyne Burger

Du Droit aux Etudes Politiques sur
le monde arabe contemporain, Roselyne se questionne sur la place des musiques traditionnelles dans nos sociétés contemporaines, les tiraillements identitaires et les appartenances multiples, les parcours migratoires et les modes de vie nomades. En 2007, elle découvre l’Espace Khiasma où elle démonte les plafonds, coordonne, administre, et monte des résidences. En 2013, elle crée avec Abdelatif Belhaj l’Association Plexus dans son quartier Bel Air - Grands-Pêchers et reprend la route animée par des projets de création documentaire et d’ateliers sonores. Cela ne l’empêche pas de se lancer à corps perdu dans le Cirque (Cirque électrique, Le Troisième Cirque, Le Groupe Acrobatique de Tanger...) et de travailler aujourd’hui avec le circassien Fragan Gehlker dans l’Association du Vide.

Les artistes invités :

Lolita Bourdet - Photographe

Lolita Bourdet est photographe professionnelle, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy. En 2010, est la lauréate du prix pour la Jeune Création du Bal avec son projet “René & Jean”. Elle développe depuis ses projets personnels dans le cadre de résidences artistiques, s’expose en France, en Italie et au Canada. Le documentaire est son mode narratif de prédilection, où la photographie joue un rôle majeur, qu’elle complète par elle-même ou en collaboration d’éléments plastiques, sonores ou textuels. En parallèle, elle intervient au sein d’ateliers artistiques auprès des jeunes publics pour des institutions scolaires, culturelles et sociales en France et à l’étranger.
www.lolitabourdet.com

Hélène Cœur – créatrice sonore

Hélène Cœur réalise des documentaires pour ARTE Radio, des projets sonores participatifs en ville et à la campagne, « Chantez vous » collecte de chansons et réalisations de portraits  chantés « La fougère » histoires d’un quartier (résidence à l'espace Khiasma aux Lilas).

En 2014, elle participe au Musée Commun à Paris XXe. Avec la compagnie l'Imprévu, elle suit le violoncelliste Vincent Courtois pendant la création musicale « Les Démons de Tosca » en questionnant nos démons personnels. Avec l'association Plexus, elle réalise le son pour le film « Ce petit chemin ». Elle crée des bandes-son pour le théâtre et la danse.
Avec d'autres dingues de radio et de son, elle crée "La Radio Cousue Main" sur Radio Campus Paris.
Elle mène des ateliers de création sonore pour les adultes et les enfants.

Camille Plagnet – réalisateur

Après des études de théâtre à l'INSAS à Bruxelles, il suit le master documentaire de Lussas en Ardèche. Depuis il réalise courts et moyens métrages entre fiction et documentaire. Il a notamment réalisé deux documentaires au Burkina Faso : La Tumultueuse Vie d'un déflaté en 2009 et Eugène Gabana le pétrolier en 2014 (coréalisé avec Jeanne Delafosse), tous deux montrés dans de nombreux festivals internationaux. En 2015, il participe à la création de 81 avenue Victor Hugo, pièce de théâtre sur la migration montrée au Festival d'Avignon et au Festival d'Automne. Il est également producteur au sein de l’atelier documentaire.

Damien Roudeau - dessinateur

Dessinateur documentariste né en 1981, Damien Roudeau publie ses dessins du réel dans la presse (Le Monde, l’Humanité, CQFD…), les revues (Ballast, Z, Citrus…), des carnets (Actes sud, La Martinière, La Boîte à Bulles…) ou des bandes dessinées (Futuropolis,  Les Arènes), avec des ONG (Médecins du Monde, Médecins sans frontières, Aides, Amnesty International…), en tracts sonores pour les internets ou en collages et peintures dans la rue. Diplômé en illustration (Ecole Estienne) et en arts plastiques (Paris 1 Sorbonne), il privilégie les sujets au long cours dans des univers présumés autarciques, et envisage le croquis comme une pratique exploratoire, où vie et création se confondent. 

Clémence Passot – graphiste

Depuis plusieurs années, Clémence Passot nourrit sa pratique du graphisme de toutes les pratiques plastiques, artisanales, architecturales pouvant l’élargir et la faire coller au plus près du contexte de ses créations. Dans la même dynamique, elle associe volontiers le public à certaines phases de son travail.
À travers collaborations et commandes, elle met en valeur des lieux, des projets, créatifs et ouverts, via leur communication visuelle ou leur signalétique. Son goût pour l’objet édité, fait du format journal ou de l’édition éphémère, de véritables laboratoires de formes et de contenus. Quant à son rapport à la ville, il fait parfois flirter sa production avec l’installation in situ.
Clémence Passot est diplômée de l'école des Arts Décoratifs de Paris (Ensad).
www.clemencepassot.com

Samuel Rivers-Moore – graphiste et développeur

Basé à Marseille, Samuel conçoit et développe des sites internet parfois expérimentaux.
www.samuelriversmoore.net

Guillaume Reynard

Né dans le Poitou en 1972, Guillaume Reynard est illustrateur. Pour des maisons d’édition il réalise des albums jeunesse et des romans graphiques. Pour la presse quotidienne et magazine il illustre des reportages ou des articles thématiques. Ses images sont aussi utilisées par des institutions, des agences de communication et même des vignerons ! Dès qu'une opportunité se présente, il quitte Montreuil et son atelier pour aller dessiner sur le motif !
www.guillaumereynard.com

Les jeunes auteurs de Chatodozine sur l’année 2016-2017 :

Zoé Barthélémy, Adam Diajité, Kadjidia Doucouré, Oumarou Diallo, Yacine Driss, Riyad Hadji, Ruby Pearl Barrault, Ibrahim Coulibaly, Sirandou Soukouna

PLEXUS

Plexus est une association dédiée à la création documentaire. Elle soutient la création, la production et la diffusion d’oeuvres cinématographiques et audiovisuelles. Plexus s’intéresse plus particulièrement au développement de projets qui s’inscrivent au croisement des disciplines et des genres. Implantée à Montreuil depuis 2013, elle a la volonté de créer des espaces de rencontre et de mener des aventures collectives où l’art et la recherche documentaire participe de la vitalité d’un territoire et des liens entre les gens. Elle collabore aussi avec de nombreux acteurs du champ éducatif et social afin que l’éducation à l’image et la pratique artistique collective soient un moyen de connaissance et de partage des enjeux sociaux et économiques du monde contemporain et de son histoire.

Remerciements

Omar Somi et son équipe : Maison du Grand Air – Espace 40
Sébastien Estebanez : Maison des Mûrs-à-pêches
Muriel Menuet : Lycée Eugénie Cotton

Vincent Chevillon auteur du projet Archipels.org dont s'inspire le présent site.

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